Site Sciences Economiques et Sociales de l’Académie de la Guyane

Programme de Terminale enseignement spéciphique modifié : Bulletin officiel n° 21 du 23 mai 2013

Article 1 - Le programme de
l’enseignement spécifique de sciences économiques et sociales et des
enseignements de spécialité économie approfondie et sciences sociales et
politiques de la classe terminale de la série économique et sociale est
fixé conformément à l’annexe du présent arrêté.
Article 2 - Les dispositions du présent arrêté entrent en application à la rentrée de l’année scolaire 2012-2013.
Article 3 - L’arrêté du 30 juillet 2002 fixant le programme de l’enseignement de
sciences économiques et sociales en classe terminale de la série
économique et sociale est abrogé à la rentrée de l’année scolaire
2012-2013.
Article 4 - Le directeur
général de l’enseignement scolaire est chargé de l’exécution du présent
arrêté qui sera publié au Journal officiel de la République française.
Fait le 12 juillet 2011

Pour le ministre de l’éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative

et par délégation,
Le directeur général de l’enseignement scolaire,
Jean-Michel Blanquer


Annexe
Programmes de l’enseignement
spécifique de sciences économiques et sociales et des enseignements de
spécialité économie approfondie et sciences sociales et politiques
Classe terminale de la série ES

ENSEIGNEMENT SPÉCIFIQUE

Ce
programme s’inscrit dans le cadre des grandes orientations fixées pour
le cycle terminal dans le préambule rédigé pour le programme de la
classe de première auquel on se reportera. Il est présenté en trois
colonnes : la première colonne décline chaque thème sous forme de
questions ; les indications complémentaires explicitent et délimitent le
contenu de chacune d’entre elles ; les notions figurant en colonne
centrale, de même que les « acquis de première » rappelés en colonne 3,
sont les notions indispensables pour traiter chaque question.
Les
épreuves du baccalauréat portent sur l’intégralité du programme tel
qu’il figure ci-dessous ; les indications complémentaires bornent ce qui
est exigible.

Science économique (durée indicative : 80 heures)
1. Croissance, fluctuations et crises

 

Thèmes et questionnements

Notions

Indications complémentaires

1.1 Quelles sont les sources de la croissance économique ?

PIB, IDH, investissement, progrès technique, croissance endogène,
productivité globale des facteurs, facteur travail, facteur capital.

En s’appuyant sur le programme de première, on s’interrogera sur
l’intérêt et les limites du PIB comme mesure de l’activité économique.
On
montrera que le PIB ne reflète pas l’évolution du niveau de vie des
populations et qu’il convient de se référer à d’autres indicateurs.
L’étude de séries longues permettra de procéder à des comparaisons
internationales. À partir d’une présentation simple de la fonction de
production, on exposera la manière dont la théorie économique analyse le
processus de croissance. On fera le lien entre la productivité globale
des facteurs et le progrès technique et on introduira la notion de
croissance endogène en montrant que l’accumulation du capital, sous ses
différentes formes (physique, technologique et immatériel, humain et
public) participe à l’entretien de la croissance. On soulignera que la
croissance économique, loin d’être harmonieuse et continue, est le plus
souvent la résultante d’un processus de destruction créatrice.
En liaison avec l’innovation, on mettra l’accent sur le rôle des institutions et des droits de propriété.
Acquis de première : facteurs de production, production marchande et non marchande, valeur
ajoutée, productivité, institutions, droits de propriété, externalités.

1.2 Comment expliquer l’instabilité de la croissance ?

Fluctuations économiques, crise économique, désinflation, croissance potentielle, dépression, déflation.

L’observation des fluctuations économiques permettra de mettre
l’accent sur la variabilité de la croissance et sur l’existence de
périodes de crise. On présentera les idées directrices des principaux
schémas explicatifs des fluctuations (chocs d’offre et de demande, cycle
du crédit), en insistant notamment sur les liens avec la demande
globale. En faisant référence au programme de première, on rappellera le
rôle des politiques macro-économiques (nationales et européennes) dans
la gestion des fluctuations conjoncturelles.
On analysera les
mécanismes cumulatifs susceptibles d’engendrer déflation et dépression
économique et leurs conséquences sur le chômage de masse.
Acquis de première : inflation, politique monétaire, politique budgétaire, politique conjoncturelle, chômage, demande globale.

2. Mondialisation, finance internationale et intégration européenne

 

Thèmes et questionnements

Notions

Indications complémentaires

2.1 Quels sont les fondements du commerce international et de l’internationalisation de la production ?

Avantage comparatif, dotation factorielle, libre-échange et
protectionnisme, commerce intra-firme, compétitivité prix et hors prix,
délocalisation, externalisation, firmes multinationales.

En partant d’une présentation stylisée des évolutions du commerce
mondial et en faisant référence à la notion d’avantage comparatif
introduite en première, on s’interrogera sur les déterminants des
échanges internationaux de biens et services et de la spécialisation.
On
analysera les avantages et les inconvénients des échanges
internationaux pour les producteurs comme pour les consommateurs. On
présentera à cette occasion les fondements des politiques
protectionnistes et on en montrera les risques.
En s’appuyant sur des
données concernant le commerce intra-firme et sur des exemples
d’entreprises multinationales, on abordera la mondialisation de la
production. On analysera les choix de localisation des entreprises et
leurs stratégies d’internationalisation. On étudiera à cette occasion
les principaux déterminants de la division internationale du travail, en
insistant sur le rôle des coûts de transport et de communication. On
montrera que la différenciation des produits peut être à l’origine d’une
compétitivité hors prix.
On explicitera enfin la complexité des conséquences de cette internationalisation sur les pays d’accueil.
Acquis de première : gains à l’échange, spécialisation, échange marchand.

2.2 Comment s’opère le financement de l’économie mondiale ?

Balance des paiements, flux internationaux de capitaux, devises, marché des changes, spéculation.

On identifiera les grands soldes de la balance des paiements afin d’en donner une interprétation économique.
On
présentera de façon élémentaire le fonctionnement du marché des changes
ainsi que les principaux déterminants de l’offre et de la demande de
devises. En ayant recours à une représentation graphique simple, on
montrera comment se détermine le taux de change.
On s’interrogera sur
les effets d’une variation des cours de change sur l’économie des pays
concernés. Sans entrer dans des développements historiques ou
théoriques, on présentera la distinction entre changes fixes et changes
flottants. On s’interrogera sur l’ampleur et les déterminants des flux
internationaux de capitaux.
Acquis de première : offre, demande, banque centrale, fonctions de la monnaie, taux d’intérêt.

2.3 Quelle est la place de l’Union européenne dans l’économie globale ?

Euro, union économique et monétaire.

Sans entrer dans le détail des évolutions historiques, on rappellera
qu’en se dotant d’un grand marché intérieur et d’une monnaie unique, les
pays européens mènent une expérience originale d’intégration plus
étroite de leurs économies. On montrera que l’union monétaire revêt une
importance particulière dans le contexte monétaire et financier
international, et qu’elle renforce les interdépendances entre les
politiques macroéconomiques des Etats membres. On s’interrogera sur les
difficultés de la coordination des politiques économiques dans l’Union
européenne.
Acquis de première : banque centrale, politique budgétaire, politique monétaire.

3. Économie du développement durable

 

Thèmes et questionnements

Notions

Indications complémentaires

3.1 La croissance économique est-elle compatible avec la préservation de l’environnement ?

Capital naturel, physique, humain, social et institutionnel, biens communs, soutenabilité.

Après avoir souligné que le développement et le bien-être ne se
résument pas à la croissance économique, on montrera, en illustrant par
des exemples, que le bien-être des populations résulte de l’interaction
de quatre types de capital (naturel, physique produit, humain, social et
institutionnel). On expliquera pourquoi l’analyse économique du
développement durable, qui se fonde sur la préservation des possibilités
de développement pour les générations futures, s’intéresse au niveau et
à l’évolution des stocks de chaque type de capital (accumulation et
destruction) ainsi qu’à la question décisive du degré de substitution
entre ces différents capitaux. On évoquera, à l’aide d’exemples, les
limites écologiques auxquelles se heurte la croissance économique
(épuisement des ressources énergétiques et des réserves halieutiques,
déforestation, augmentation de la concentration des gaz à effet de
serre, etc.). On soulignera à ce propos que le PIB n’a pas été conçu
pour évaluer la soutenabilité de la croissance.
Acquis de première : externalités, biens collectifs, capital social.

3.2 Quels instruments économiques pour la politique climatique ?

Règlementation, taxation, marché de quotas d’émission.

 

L’exemple de la politique climatique permettra d’analyser les
instruments dont disposent les pouvoirs publics pour mener des
politiques environnementales. En lien avec le programme de première sur
les marchés et leurs défaillances, on montrera la complémentarité des
trois types d’instruments que sont la réglementation, la taxation, les
marchés de quotas d’émission. On remarquera que, si les marchés laissés à
eux-mêmes ne peuvent résoudre les problèmes, ils peuvent constituer un
instrument d’action si le contexte institutionnel adapté est mis en
place. Pour l’analyse de ces instruments, les exercices et la
représentation graphique seront privilégiés.
Acquis de première : externalités, institutions marchandes, droits de propriété, offre et
demande, allocation des ressources, défaillances du marché.

Sociologie (durée indicative : 50 heures)
1. Classes, stratification et mobilité sociales

 

Thèmes et questionnements

Notions

Indications complémentaires

1.1 Comment analyser la structure sociale ?

Classes sociales, groupes de statut, catégories socio-professionnelles.

On présentera les théories des classes et de la stratification
sociale dans la tradition sociologique (Marx, Weber) ainsi que leurs
prolongements contemporains et on s’interrogera sur leur pertinence pour
rendre compte de la dynamique de la structuration sociale. On mettra en
évidence la multiplicité des critères de différenciation sociale dans
les sociétés post-industrielles (statut professionnel, âge, sexe, style
de vie) et on se demandera dans quelle mesure cette multiplicité
contribue à brouiller les frontières de classes.
Acquis de première : groupe social.

1.2 Comment rendre compte de la mobilité sociale ?

Mobilité intergénérationnelle/intra-générationnelle, mobilité
observée, fluidité sociale, déclassement, capital culturel, paradoxe
d’Anderson.

Après avoir distingué la mobilité sociale intergénérationnelle
d’autres formes de mobilité (géographique, professionnelle), on se
posera le problème de sa mesure à partir de l’étude des tables de
mobilité sociale dont on soulignera à la fois l’intérêt et les limites.
On distinguera la mobilité observée et la mobilité relative (fluidité
sociale) et on mettra en évidence l’existence de flux de mobilité
verticale (ascendante et descendante) et horizontale. On étudiera
différents déterminants de la mobilité et de la reproduction sociale :
l’évolution de la structure socioprofessionnelle, le rôle de l’école et
de la famille.
Acquis de première : groupe d’appartenance, groupe de référence, socialisation anticipatrice, capital social.

2. Intégration, conflit, changement social

 

Thèmes et questionnements

Notions

Indications complémentaires

2.1 Quels liens sociaux dans des sociétés où s’affirme le primat de l’individu ?

Solidarité mécanique/organique, cohésion sociale.

Après avoir présenté l’évolution des formes de solidarité selon
Durkheim, on montrera que les liens nouveaux liés à la complémentarité
des fonctions sociales n’ont pas fait pour autant disparaître ceux qui
reposent sur le partage de croyances et de valeurs communes. On traitera
plus particulièrement de l’évolution du rôle des instances
d’intégration (famille, école, travail, État) dans les sociétés
contemporaines et on se demandera si cette évolution ne remet pas en
cause l’intégration sociale.
Acquis de première : socialisation, capital social, sociabilité, anomie, désaffiliation, disqualification, réseaux sociaux.

2.2 La conflictualité sociale : pathologie, facteur de cohésion ou moteur du changement social ?

Conflits sociaux, mouvements sociaux, régulation des conflits, syndicat.

On montrera que les conflits peuvent être appréhendés à partir de
grilles de lecture contrastées : comme pathologie de l’intégration ou
comme facteur de cohésion ; comme moteur du changement social ou comme
résistance au changement. En s’appuyant sur quelques exemples, on
s’interrogera sur la pertinence respective de ces différents cadres
d’analyse en fonction de la nature des conflits et des contextes
historiques. On s’intéressera plus particulièrement aux mutations des
conflits du travail et des conflits sociétaux en mettant en évidence la
diversité des acteurs, des enjeux, des formes et des finalités de
l’action collective.
Acquis de première : groupe d’intérêt, conflit.

Regards croisés (durée indicative : 40 heures)
1. Justice sociale et inégalités

 

Thèmes et questionnements

Notions

Indications complémentaires

1.1 Comment analyser et expliquer les inégalités ?

Inégalités économiques, inégalités sociales.

On mettra en évidence le caractère multiforme des inégalités
économiques et sociales ainsi que leur aspect parfois cumulatif. On
procédera à des comparaisons aux niveaux européen et international en
utilisant les principaux indicateurs et outils statistiques appropriés.
On montrera que le niveau et l’évolution des inégalités sont liés à des
facteurs multiples : origine et appartenance sociales, formation,
accumulation patrimoniale, genre, génération, etc.
Acquis de première : salaire, revenu, profit, revenus de transfert.

1.2 Comment les pouvoirs publics peuvent-ils contribuer à la justice sociale ?

Égalité, équité, discrimination, méritocratie, assurance/assistance,
services collectifs, fiscalité, prestations et cotisations sociales,
redistribution, protection sociale.

On s’interrogera sur les fondements des politiques de lutte contre
les inégalités en les reliant à la notion de justice sociale ; on
rappellera à ce propos que toute conception de la justice doit répondre à
la question : « L’égalité de quoi ? ». On distinguera égalité des
droits, égalité des situations et égalité des chances.
On précisera
qu’il n’y a pas lieu d’opposer les notions d’égalité et d’équité. Pour
cela, on montrera que le degré d’égalité est un fait et peut se mesurer
alors que l’équité, qui renvoie au sentiment de ce qui est juste ou
injuste, est un jugement qui se fonde sur un choix éthique ou politique
sous-tendu par un système de valeurs.
On analysera les principaux
moyens par lesquels les pouvoirs publics peuvent contribuer à la justice
sociale : fiscalité, redistribution et protection sociale, services
collectifs, mesures de lutte contre les discriminations. On montrera que
l’action des pouvoirs publics s’exerce sous contrainte et qu’elle fait
l’objet de débats quant à son efficacité et aux risques de désincitation
et d’effets pervers.
Acquis de première : État-providence, prélèvements obligatoires, revenus de transfert.

2. Travail, emploi, chômage

 

Thèmes et questionnements

Notions

Indications complémentaires

2.1 Comment s’articulent marché du travail et organisation dans la gestion de l’emploi ?

Taux de salaire réel, coût salarial unitaire, salaire d’efficience,
salaire minimum, contrat de travail, conventions collectives,
partenaires sociaux, segmentation du marché du travail, normes d’emploi.

 

En se limitant à une présentation graphique simple et en insistant
sur les déterminants de l’offre et de la demande, on expliquera
l’analyse néo-classique du fonctionnement du marché du travail. Pour
rendre compte de la spécificité de la relation salariale, on montrera
l’intérêt de relâcher les hypothèses du modèle de base en introduisant
principalement les hypothèses d’hétérogénéité du facteur travail et
d’asymétrie d’information. À partir de quelques exemples, on montrera
que le taux de salaire dépend également du résultat de négociations
salariales et de l’intervention de l’État et que celle-ci ne se limite
pas à la question du salaire. On soulignera, en s’appuyant sur le
programme de première, que l’institutionnalisation de la relation
salariale, qui est un enjeu majeur des relations professionnelles,
résulte à la fois du conflit et de la coopération.
Acquis de première : salaire,
marché, productivité, offre et demande, prix et quantité d’équilibre,
preneur de prix, rationnement, asymétries d’information, hiérarchie,
coopération, conflit, institutions marchandes.

2.2 Quelles politiques pour l’emploi ?

Flexibilité du marché du travail, taux de chômage, taux d’emploi,
qualification, demande anticipée, équilibre de sous-emploi, salariat,
précarité, pauvreté.

À l’aide de données empiriques françaises et étrangères, on mettra en
évidence le caractère dynamique du marché du travail en donnant des
indications sur les flux bruts de création et de destruction d’emplois.
On soulignera que, dans certains cas, le chômage peut être à l’origine
d’un processus d’exclusion.
Afin de montrer que la diversité des
formes et des analyses du chômage explique la pluralité des politiques,
on analysera les politiques macroéconomiques de soutien de la demande
globale pour lutter contre le chômage keynésien, les politiques
d’allégement du coût du travail pour lutter contre le chômage classique,
les politiques de formation et de flexibilisation pour réduire la
composante structurelle du chômage.
On soulignera que les politiques
de l’emploi sont aussi fondées sur la prise en compte du rôle du travail
et de l’emploi dans l’intégration sociale. On se demandera en quoi ce
lien entre travail et intégration sociale est fragilisé par certaines
évolutions de l’emploi.
Acquis de première  : chômage, productivité, demande globale, politique monétaire, politique budgétaire, rationnement.

Savoir-faire applicables aux données quantitatives et aux représentations graphiques
L’enseignement
des sciences économiques et sociales doit conduire à la maîtrise de
savoir-faire quantitatifs, qui ne sont pas exigés pour eux-mêmes mais
pour exploiter des documents statistiques ou pour présenter sous forme
graphique une modélisation simple des comportements économiques ou
sociaux.
Calcul, lecture, interprétation
- Proportions,
pourcentages de répartition (y compris leur utilisation pour
transformer une table de mobilité en tables de destinée et de
recrutement)
- Moyenne arithmétique simple et pondérée
- Évolutions en valeur et en volume
- Propensions moyenne et marginale à consommer et à épargner
- Élasticité comme rapport d’accroissements relatifs
- Écarts et rapports interquantiles
- Mesures de variation : coefficient multiplicateur, taux de variation, indices simples et pondérés
Lecture et interprétation
- Corrélation et causalité
- Tableaux à double entrée
- Taux de croissance moyen
- Médiane, écart-type
-
Élasticité prix de la demande et de l’offre, élasticité revenu de la
demande, élasticité de court terme et élasticité de long terme
-
Représentations graphiques : courbes de Lorenz, histogrammes, diagrammes
de répartition, représentation des séries chronologiques, y compris les
graphiques semi-logarithmiques
- Représentation graphique de
fonctions simples (offre, demande, coût) et interprétation de leurs
pentes et de leurs déplacements

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